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Chapter 25 - CHAPITRE 25 ATTAQUE AU VILLAGE PART 5

Le village était en train de basculer.

Les cris résonnaient désormais dans plusieurs rues, se répercutant contre les murs de pierre comme des échos d'une panique incontrôlable. Des habitants fuyaient en désordre, certains trébuchant sur les pavés irréguliers, d'autres appelant à l'aide d'une voix brisée par la peur.

Les lanternes suspendues aux façades tombaient les unes après les autres, se brisant dans un fracas sec, répandant des éclats de verre et des flammes tremblantes sur le sol.

Les ombres bougeaient.

Pas comme de simples jeux de lumière.

Elles ondulaient, se déformaient, comme si quelque chose vivait à l'intérieur.

Et les possédés apparaissaient.

Dans la rue principale

Morueshi respirait lourdement.

Sa poitrine se soulevait rapidement, son souffle chaud contrastant avec l'air nocturne devenu anormalement froid. La sueur coulait le long de sa tempe, mais son regard restait fixé sur ses adversaires.

Autour de lui, trois possédés l'encerclaient.

Leurs corps étaient instables.

Leurs mouvements… inhumains.

Des fragments sombres pulsaient sous leur peau, comme des battements étrangers, déformant leurs membres à chaque mouvement. Leurs articulations semblaient parfois se plier dans des angles impossibles.

— Tenez la ligne ! cria Morueshi.

Sa voix claqua dans l'air, ferme malgré la tension.

Derrière lui, les disciples tentaient de maintenir une barrière de terre. Des murs rugueux s'élevaient du sol, mais chaque impact les faisait trembler, des fissures apparaissant progressivement à leur surface.

Un des possédés bondit.

Morueshi esquiva de justesse, sentant le souffle du coup frôler son visage, puis contre-attaqua avec une explosion de flammes.

L'impact projeta la créature contre un mur dans un bruit sourd.

Mais elle se releva.

Encore.

Toujours.

— Ils ne tombent pas… marmonna un élève, paniqué.

Morueshi serra les dents.

— Visez le cœur !

Il fonça sans hésiter.

Un coup de poing enflammé.

Impact direct.

Le fragment explosa à l'intérieur du corps du possédé dans une gerbe sombre et instable.

Celui-ci s'effondra enfin.

Mais immédiatement…

Deux autres arrivèrent.

— Merde…

Dans une autre ruelle

Aira courait.

Ses pas résonnaient sur les pavés, rapides, irréguliers. Son souffle était court, mais elle ne s'arrêtait pas.

Elle venait de quitter le temple.

Elle n'avait pas voulu partir.

Mais Akai l'avait forcée.

Et maintenant…

Elle comprenait pourquoi.

Un cri retentit derrière elle.

Elle se retourna brusquement.

Un homme venait de se faire projeter contre un mur, son corps retombant lourdement au sol.

Un possédé s'avançait lentement vers lui.

Aira s'arrêta net.

Son cœur battait à toute vitesse.

— Non…

Elle leva les mains.

Une fine vague d'eau se forma autour d'elle, tremblante, instable, comme reflétant son propre état.

Ses mouvements étaient hésitants.

Mais déterminés.

— Recule !

Le possédé tourna lentement la tête vers elle.

Ses yeux vides la fixèrent.

Puis il bondit.

Trop vite.

Aira tenta de se défendre.

Une lame d'eau jaillit.

Mais l'impact la déséquilibra.

Elle tomba au sol, le souffle coupé.

Le possédé leva le bras.

Déformé.

Prêt à frapper.

Dans la cellule

Akai se redressa brusquement.

Le sceau sur son cou pulsa violemment, une douleur sourde irradiant dans tout son corps.

— Aira…

Une seconde.

Puis—

— AIRAAAAAA !!!

Sa voix résonna dans toute la cellule, rebondissant contre les murs de pierre.

Les chaînes vibrèrent violemment.

La pierre autour de lui se fissura légèrement.

Le démon murmura.

— Elle va mourir.

— TAIS-TOI !!

Akai frappa le sol de toutes ses forces.

Son corps tremblait.

— Laisse-moi sortir.

— NON !!

Sur le toit

Tsuki disparut.

Un instant.

Puis réapparut dans la ruelle.

Juste devant Aira.

Le temps sembla ralentir.

Le possédé frappa.

Mais son bras fut stoppé.

Net.

Tsuki avait attrapé son poignet.

Ses yeux bleus étaient grands ouverts.

Totalement concentrés.

Mais cette fois…

Son regard changea.

Il vit Aira au sol.

Tremblante.

Blessée.

Ses pupilles se contractèrent légèrement.

— …Aira.

Sa voix était plus basse.

Plus tendue.

Un mouvement.

Invisible.

Le possédé fut pulvérisé, son corps se disloquant sous une force impossible à suivre du regard.

Projetté en arrière, détruit en une fraction de seconde.

Le silence retomba.

Tsuki lâcha lentement le poignet inexistant.

Puis il se tourna immédiatement vers Aira.

Il s'agenouilla à côté d'elle.

— Est-ce que ça va ?

Sa voix avait changé.

Plus douce.

Plus humaine.

Aira cligna des yeux, encore sous le choc.

— Tsuki… ?

Il posa une main sur son épaule.

— Réponds-moi.

Elle hocha légèrement la tête.

— Oui… oui… ça va…

Il la fixa encore une seconde.

Comme pour s'assurer qu'elle ne mentait pas.

Puis il souffla discrètement.

Un soulagement presque imperceptible.

— Idiote…

Mais le mot n'avait aucune dureté.

Aira esquissa un léger sourire.

— Merci…

Tsuki se releva immédiatement.

Son regard redevint sérieux.

— Va aider les autres. Ne reste pas seule.

Elle hocha la tête.

Et cette fois…

Elle obéit sans discuter.

Dans la rue principale

Morueshi était à bout de souffle.

Les possédés continuaient d'arriver.

— Combien y en a encore… ?

Un autre bondit vers lui.

Il leva le bras—

Mais avant l'impact…

Le possédé fut projeté au sol.

Puis un autre.

Puis un autre.

En une fraction de seconde.

Morueshi regarda autour de lui.

Le vent.

Rien d'autre.

Mais il savait.

— …Tsuki.

Dans la cellule

Akai tomba à genoux.

Le sceau sur son cou brillait intensément.

Puis…

Lentement…

La lumière diminua.

Sa respiration ralentit.

Il avait tenu.

Encore.

Mais son cri résonnait encore dans sa tête.

"AIRAAAAAA…"

Très loin

Sur la falaise

Raijin observa le village.

Puis soupira légèrement.

— Bon…

Le Maître de la Foudre resta silencieux.

Puis il leva légèrement la main.

Les éclairs dans le ciel disparurent progressivement.

— Ça suffit.

Raijin haussa un sourcil.

— Déjà ?

Le Maître de la Foudre répondit calmement :

— Oui.

Le vent tomba.

La pression diminua.

Dans le village…

Les possédés commencèrent à s'effondrer.

Un à un.

Comme si quelque chose venait d'être coupé.

Raijin observa la scène.

— Tu abandonnes ?

— Non.

Le regard du Maître de la Foudre devint plus sombre.

— J'observe.

Un silence.

Puis il ajouta :

— Tsuki est un problème.

Raijin sourit.

— Ah, enfin.

— Et Akai…

Les éclairs lointains illuminèrent brièvement son visage.

— Est une variable instable.

Il tourna légèrement la tête.

— Le prochain plan sera différent.

Raijin croisa les bras.

— Je t'écoute.

Le Maître de la Foudre murmura :

— Cette fois…

Le vent se leva légèrement.

— On ne testera pas.

Son regard devint froid.

— On éliminera.

Le silence retomba.

Et dans le village…

Le calme revenait lentement.

Mais ce n'était qu'une illusion.

La prochaine attaque…

Serait bien pire.

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